Logique de filière SSE

Après avoir traité des volets ORSAN et de la graduation de la réponse, pour ce deuxième article consacré au Guide d’aide à la préparation et à la gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles (SSE) édité par le Ministère des Solidarités et de la Santé, nous nous attachons à détailler les apports de MenKorn WHITE sur la logique de filière.

Si la planification est entrée depuis de nombreuses années dans la réponse apportée par les Etablissements de Santé, ce nouveau guide plan blanc apporte d’une part une méthodologie beaucoup plus aboutie et, d’autre part, une organisation territoriale novatrice dans la prise en charge des SSE. La mise en œuvre dans les établissements peut être perçue comme un nouveau lot de contraintes pour des structures déjà très sollicitées et aux ressources contraintes mais la gestion de crise devient une fonction à part entière des établissements et de leurs organisations territoriales.

Logique de filière SSE

L’expertise accumulée en médecine de catastrophe et en gestion de crises préhospitalières ces dernières années confirme bien l’évidence que « les chances de survie d’une victime augmentent d’autant que le temps qu’elle passe loin d’une solution hospitalière adaptée à son état de santé diminue ». Ainsi, sur le terrain préhospitalier la pratique du « Damage Control » est aujourd’hui plébiscitée dans les catastrophes d’ampleur. Il diffère largement du « Scoop & Run » anglo-saxon, proscrit dans le guide, puisque le « Damage Control » intègre le principe de régulation systématique.

C’est certainement l’un des motifs qui a présidé au concept de filière retenu par les rédacteurs du plan qui définissent par celui-ci, une organisation territoriale des établissements de santé sur 2 niveaux.

Les établissements de première ligne sont ceux qui vont être confrontés aux problématiques de flux de victimes les plus importantes qualitativement et/ou quantitativement. Ils peuvent l’être pour 2 raisons bien distinctes. D’abord factuellement, parce qu’ils sont à proximité immédiate du lieu de l’évènement et que naturellement, ils vont être une destination au moins intermédiaire au flux de victimes régulées ou non. La seconde raison est administrative et dépend d’un ciblage reposant sur la taille de leur plateau technique. Ainsi les établissements disposant d’une structure d’accueil des urgences et d’un plateau technique chirurgical intégreront cette catégorie.

Les établissements de deuxième ligne sont « les établissements de santé disposant d’un plateau technique médico-chirurgical mais sans structure d’accueil des urgences. Ces établissements, mobilisables en seconde intention, contribuent à l’augmentation de la capacité des établissements de première ligne. ».

NB : compte-tenu de qui est dit plus haut, un établissement rattaché administrativement à la catégorie « deuxième ligne » peut conjoncturellement prendre un statut « première ligne » s’il est impacté directement par une SSE dans son environnement proche. Dans cette hypothèse, une organisation complémentaire de « triage » du flux de victimes sera indispensable. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans de prochains articles.

Enfin les établissements experts sont les établissements de première ligne disposant d’un plateau technique « hautement spécialisé » ou de spécificités de prise en charge NRC, REB ou CUMP.

Cette organisation territoriale planifiée suivant les 5 volets du plan ORSAN va permettre aux acteurs de la régulation de répartir le flux de victimes dans une logique de parcours de soin afin d’optimiser la prise en charge médicale de chacune des victimes… et donc d’améliorer ses chances de survie.

Les réponses de MenKorn

L’organisation territoriale est dans l’ADN de MenKorn WHITE puisque notre solution préhospitalière, à l’origine de MenKorn WHITE, a été conçue pour permettre la coopération active entre différentes acteurs d’un même territoire (SAMU, SDIS, Préfecture, FSI…). Forts de cette expertise, nous avons intégré à MenKorn WHITE un ensemble de principes fonctionnels facilitant la gestion territoriale et la coopération entre établissements de santé.

Approche coopérative. Plateforme fullweb reposant sur une solution unique pour tous nos utilisateurs disposant de base de données propres mais communicantes et accessible via de simples navigateurs, notre infrastructure est nativement coopérative. Plusieurs établissements équipés de MenKorn WHITE peuvent donc naturellement travailler ensemble sur une même situation critique à une échelle dépassant celle de l’établissement : département, GHT…

Un établissement confronté à une saturation de lits d’aval en interne ou à une pénurie de personnels hospitaliers disposera de fonctionnalités novatrices pour se tourner vers un établissement de 2ème ligne, son GHT ou l’ARS afin de réorienter son flux de victimes, libérer des places en interne, solliciter des renforts…

Services extérieurs. Dans le cas ou l’établissement est seul à être équipé de MenKorn WHITE dans son écosystème, il va quand même disposer d’interfaces partenaires. Celles-ci vont être déclenchées par l’établissement utilisateur et accessibles à autant de partenaires que nécessaire. Ces partenaires pourront ainsi venir renforcer l’organisation par des équipes et des vecteurs et suivre en temps réel l’emploi des ressources mises à disposition.

Un établissement devant renforcer sa capacité de transfert vers d’autres établissements de santé va pouvoir solliciter automatiquement les sociétés d’ambulance de son département pour la mise à disposition de vecteurs et d’équipage ambulancier directement via la plateforme.

Observatoire. L’établissement décide en permanence du périmètre géographique et partenarial qui doit être concerné par la situation critique. Ce périmètre évolutif permet d’alerter des partenaires divers et de leur donner accès à une interface de supervision de l’information, un observatoire. Ce dernier s’incrémente en temps réel des données issues du dispositif et de l’évolution de la prise en charge de la situation.

En prévision de la dégradation de la situation, l’établissement de santé décide d’élargir son périmètre partenarial au GHT dont il dépend. Ce dernier est alerté automatiquement par mail, SMS ou appel vocal et accède à l’observatoire qui lui permet de prendre connaissance de la situation et de suivre son évolution.

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