Les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg et le SAMU 67 ont souhaité tester l’utilisation d’une solution de gestion de crise « nombreuses victimes » dans le cadre de l’exercice attentat du stade de la Meinau du 15 janvier 2020.

L’objectif principal était d’évaluer la performance d’une solution numérique : MenKorn NOVI par rapport aux outils habituels de gestion de crise utilisés en salle de crise du SAMU, sur le terrain, au sein des salles de crise de sites et dans diverses instances (COD, CCH).

Factuellement, la solution MenKorn a permis à mon équipe de prendre connaissance, de manière anticipée et dès leur identification sur le lieu de l’attentat, des identités et bilans lésionnels des 9 victimes en urgence absolue orientées vers les services que je coordonne. C’est 3 fois plus qu’avec les outils habituels mis à ma disposition en tant que Directeur Médical de Crise de site et ça m’a permis d’anticiper le dimensionnement de mes équipes d’accueil et de ne pas subir le flux.

Professeur Julien Pottecher – Directeur Médical de Crise – Site Hautepierre – Hôpitaux Universitaires de Strasbourg

Ce document a été validé par le Docteur OULEHRI, Référent « Situations Sanitaires Exceptionnelles » du SAMU 67 aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg.

Les résultats de cette étude retranscrivent uniquement les performances des outils testés. Si ces outils peuvent avoir un impact sur l’organisation de la gestion de crise durant l’exercice, les résultats présentés ne peuvent constituer une évaluation des compétences et du travail réalisé par les personnels des HUS et du SAMU dont l’engagement et les compétences ont été salués.

SCORE FINAL

14 – 3

Résultat le plus significatif à 17h43 – Fin d’Exercice :

MenKorn : 110 victimes identifiées, catégorisées dont 14 UA (victimes en urgence absolues) et 48 UR (victimes en urgence relative) avec bilans lésionnels.

Outils traditionnels : 3UA orientées sur les services d’accueil avec suffisamment d’information (bilan lésionnel) pour anticiper la prise en charge à l’arrivée;

 

La métaphore avec le football s’arrête là et le reste du document s’attache à présenter l’exercice et la démarche d’évaluation et surtout les résultats détaillés des indicateurs.

Globalement, la réalisation des tests des systèmes lors de l’exercice du 15 janvier permet de vérifier la très nette sur-performance d’une gestion assistée par un outil numérique de gestion de crise par rapport aux outils existants, sous réserve que la solution numérique ne constitue pas un outil supplémentaire mais qu’elle puisse remplacer les outils existants.

Dans le détail :

  • L’alerte initiale (et à chaque bilan évolutif) permet l’accès immédiat du destinataire à l’information temps réel. Celle-ci remonte des différents niveaux de gestion et de prise en charge du dispositif dans un observatoire. Un reporting permet un suivi permanent des organismes et personnes alertées.
  • Le rappel de personnel dépasse largement les fonctionnalités actuelles. Au-delà de générer un flux de personnels disponibles, la fonctionnalité permet le dimensionnement d’un besoin, l’engagement, le désengagement automatiques des personnels non nécessaires, l’orientation des équipes, l’affectation de vecteurs et la préservation de la continuité d’activité. Le résultat plutôt limité des réponses au questionnaire (au regard des autres scores, il est tout de même à 50%) traduit certainement la seule perception des notifications par les personnels destinataires qui ne « voient » pas les avantages de gestion en salle de crise.
  • La gestion du dispositif en salle de crise permet de limiter les ressources humaines nécessaires, de circonscrire les rôles de chacun, de limiter les communications téléphoniques et de les réserver aux actions cruciales. En outre, toutes les opérations sont tracées automatiquement aux différents niveaux.
  • La prise en charge des victimes est beaucoup plus rapide, l’information est exhaustive, elle permet l’anticipation de l’orientation et de l’accueil.
  • La gestion des lits est plus dynamique et adaptative au flux, l’information partagée entre les différents acteurs est mieux organisée et lisible. Et surtout, l’anticipation et le dimensionnement des équipes d’accueil est désormais possible.
  • Enfin, la supervision par l’ensemble des instances institutionnelles relate l’évolution de la situation au plus près de la réalité.

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